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Macron prêt à tout pour faire taire l’affaire Kohler ? La séparation des pouvoirs mise à mal

 
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Comme le rapporte une enquête de Mediapart publiée le 23 juin, l’affaire du secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler refait surface après la divulgation par l’association anti-corruption Anticor d’une attestation rédigée au mois de juillet 2019 par Emmanuel Macron, dans laquelle le chef de l’Etat dédouane son bras droit, alors visé par une enquête préliminaire du parquet national financier (PNF) ouverte en juin 2018 pour « conflit d’intérêts et prise illégale d’intérêts ».

En substance, le haut fonctionnaire était mis en cause pour avoir dissimulé ses liens étroits avec la société italo-suisse MSC, premier client des Chantiers navals de l’Atlantique, alors qu’il était directeur de cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, de 2014 à 2016. Fait notable, « Alexis Kohler rejoindra le groupe maritime en tant que directeur financier entre novembre 2016 et avril 2017 », rappelle Mediapart.

Mais dans sa note rédigée en juillet 2019, Emmanuel Macron assure qu’Alexis Kohler n’est jamais intervenu, au moment où il était son directeur de cabinet au ministère, dans des dossiers liés à l’armateur italo-suisse. « Je vous confirme que lors de ma prise de fonction de ministre […] j’étais déjà informé de vos liens familiaux avec les actionnaires de contrôle de MSC, ainsi que de la volonté que vous aviez exprimée de rejoindre cette entreprise quelques mois plus tard. Vous m’aviez d’ailleurs formellement remis […] un courrier demandant à ne jamais avoir à traiter des dossiers et questions concernant cette société », peut-on notamment lire dans le document signé de la main du président de la République, contredisant ainsi un premier rapport d’enquête aux conclusions diamétralement opposées.

« Un rapport final totalement réécrit par le procureur de la République financier adjoint »

Hasard du calendrier ? Quelques semaines après l’intervention du chef de l’Etat dans cette procédure judiciaire individuelle, l’enquête visant Alexis Kohler sera classée sans suite. Mediapart évoque « un rapport final totalement réécrit par le procureur de la République financier adjoint, Jean-Luc Blachon qui a été “nommé seul sur le dossier” ».

Nicole Belloubet, embarrassée ?

Évoquant « des faits particulièrement troublants », le député LFI Ugo Bernalicis a interpellé ce 23 juin le garde des Sceaux, lors d’une séance de questions à l’Assemblée nationale. « Étiez-vous au courant que le président de la République censé être garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire […] était intervenu directement dans un dossier individuel ? Etes-vous prête à ouvrir une enquête de l’Inspection générale de la justice ? », a demandé le député du Nord au ministre, en plein débat sur l’indépendance de la justice dans le cadre de l’affaire Fillon.

«Votre question englobe plusieurs éléments auxquels il est très difficile ici de répondre en quelques minutes, tant la confusion qui résulte des différents éléments que vous avez amenés rend une réponse claire délicate», a alors répondu Nicole Belloubet, sans s’exprimer directement sur la note d’Emmanuel Macron. Contacté par l’AFP et Mediapart, l’Elysée n’a pas souhaité faire de commentaires. Mécontent du classement sans suite, Anticor a récemment tenté de relancer l’enquête visant Alexis Kohler en déposant une plainte avec constitution de partie civile.




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