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Réveillez-vous car cet incroyable effondrement économique est tout simplement inévitable !

 
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C’est aussi la raison pour laquelle la « dénormalisation » de l’économie équivaut à une sorte d’extinction pour une grande partie de notre coûteuse économie, complexe et lourdement réglementée.

Un effondrement de certaines grosses parties de l’économie est tout simplement considéré aujourd’hui comme impossible car le gouvernement fédéral peut emprunter et dépenser des sommes d’argent illimitées et la réserve fédérale peut créer de l’argent à l’infini: le gouvernement emprunte 1 000 milliards de dollars en vendant 1 000 milliards de dollars en bons du Trésor, la Fed imprime 1 000 milliards de dollars pour acheter les obligations. Cette transformation peut se renouveler et se répéter presque à l’infini.

Avec ce vent favorable qui pousse dans le dos, les experts conventionnels anticipent d’importants rebonds dans le secteur de l’automobile comme dans bien d’autres encore, du fait que les consommateurs fatigués par cet épisode de Covid-19 et soucieux de faire quelques économies pour faire face à de prochaines difficultés économiques, se remettent à dépenser leur argent un beau jour.

Quant aux plus de 30 millions de chômeurs, peu importe. Les analystes conventionnels les suppriment purement et simplement des statistiques puisque ce groupe d’individus ne représente pas un gros moteur de croissance de toute façon – ils n’ont pas de gros salaires sûrs et ne représentent pas grand chose en termes de richesse.

Avec cette formidable confiance dans l’impression monétaire ad vitam aeternam et les orgies de dépenses prévues grâce à cette fameuse reprise économique en forme de « V » , c’est ce que j’ai appelé la « dénormalisation », à savoir une implosion de l’ancienne normalité. Ce bouleversement sera tel qu’aucun ajustement vers cette normalité ne sera plus possible. La nouvelle norme est en réalité la dénormalisation.

Nous sommes déjà dans un monde post-normal parce que l’expansion de la mondialisation et de la financiarisation nécessaire pour alimenter l’ancienne normalité s’est inversée. Ce renversement engendrera l’extinction de tous les secteurs et institutions à coûts fixes élevés: voyages en avion, tourisme de villégiature, santé, enseignement supérieur, services des collectivités locales etc, car leurs structures de coûts fixes sont si élevées qu’elles ne sont plus financièrement viables si elles ne fonctionnent pas à pleine capacité.

Revenir seulement à 70% de la normale, des capacités, des revenus, des recettes fiscales, etc, les condamne à s’effondrer.

Et il n’y a aucun moyen de réduire leurs coûts fixes sans perturber fatalement l’ensemble des secteurs qui en dépendent.

La plupart des coûts de fonctionnement sont obligatoires et ne peuvent être réduits: contrats syndicaux, impôts fonciers, charges réglementaires, comptabilité fiscale, service de la dette, frais de santé des employés, salaire minimum, etc. D’autres dépenses essentielles telles que le loyer commercial sont difficiles à renégocier à la baisse, car le propriétaire a également les mêmes coûts fixes élevés et toute réduction viendra directement de sa poche.

Un bon exemple de cette dynamique d’effondrement est un restaurant avec des coûts fixes élevés. Ils ne peuvent pas survivre financièrement à 50% de leurs capacités car ils ne peuvent pas réduire leurs dépenses de 50%. Les propriétaires peuvent réduire le personnel mais il y a des limites opérationnelles à cela: même s’il n’y a que dix clients au lieu de 100, vous avez encore besoin d’une cuisine et du personnel. Mis complètement à nu, les propriétaires pourraient être en mesure de réduire les coûts de 15 à 20%. En d’autres termes, si les affaires rebondissent à 80% des niveaux d’avant la pandémie, le restaurant peut survivre sans générer de profit.

Ils pourraient survivre à 70% si les propriétaires se mettaient à faire double service, mais ce n’est pas tenable. Finalement, les propriétaires seront surmenés, et finiront par jeter l’éponge.

La réduction des coûts est encore plus difficile pour les institutions telles que les hôpitaux, les collèges et les agences gouvernementales. La plupart de ces institutions sont incapables de réduire de plus de quelques pourcents leurs dépenses; une réduction de 10 % des dépenses exigerait la fermeture de départements entiers et la suppression de services essentiels.

La dénormalisation est une série en chaîne de rétroactions qui se renforcent au fur et à mesure du temps. Les gens ont moins d’argent et moins sûrs financièrement, donc, ils dépensent moins. Ceux qui vivent grâce à des coûts fixes payés par le secteur privé (propriétaire, collectivité locales, assureurs, etc.) ne peuvent survivre avec moins que si la situation revenait à la normale, et cette incapacité à absorber des coupes massives entraîne l’effondrement de tous les acteurs de la chaîne au-dessus d’eux, qui finit par déclencher leur propre effondrement.

Un restaurant est incapable de réduire des dépenses importantes telles que: loyer, impôts, salaires, avantages sociaux, soins de santé, compatibilité fiscale, assurances, etc. Il ne peut licencier que certains membres du personnel et réduire ses achats d’ingrédients. Ces coûts variables représentent un pourcentage trop faible de l’ensemble des dépenses pour être utiles.

Les restaurants s’effondrent les premiers, et comme personne ne peut se permettre de payer les loyers actuels afin de survivre et tenant compte d’une réduction constante de la clientèle, ce sont les propriétaires qui sont les prochains à faire faillite. Ces différentes défaillances financières réduisent les recettes fiscales des gouvernements locaux. Chacune de ces réductions signifie qu’à chaque étape de le chaîne – les entreprises qui dépendaient des restaurants, des propriétaires et des contrats du gouvernement local – perdent une part importante de leur propres revenus. Comme il n’y a pas de sources de revenus de remplacement, ces faillites s’enchaînent telles des dominos.

Peu de secteurs ou d’institutions disposent d’amortisseurs. Ils ne peuvent fonctionner qu’à pleine capacité voire plus et consomment chaque dollar pour éviter de se retrouver en défaillance.

Les subventions fédérales ne remplacent pas entièrement ce qui a été perdu. Donner au propriétaire du restaurant une subvention pour qu’il puisse payer le loyer afin de rester ouvert ne signifie pas que le restaurant a suffisamment de clients pour maintenir le personnel et les achats aux niveaux d’avant crise. De plus, donner aux consommateurs des subventions telles que le revenu de base universel (UBI) ne signifie pas que ces ménages ne décideront pas d’économiser une certaine partie de cette aide plutôt que d’en dépenser chaque dollar.

La production de biens et de services stagne à mesure que la demande diminue. Lorsque l’impression monétaire se développe alors que les biens et services se contractent, on obtient de l’inflation – le pouvoir d’achat de la monnaie nouvellement émise diminue ce qui fait progressivement diminuer par effet domino, toute la chaîne d’approvisionnement des industries dépendantes.

Comme l’argent des subventions nouvellement émis ne sert pas systématiquement à acheter autant de biens et de services, il y a de grandes chances que les demandes d’aides financières augmentent. Le paiement de l’UBI double de 1 000$ à 2 000$ par mois, sachant qu’il ne sert qu’à acheter pour 750$ de biens et de services.

J’ai toujours admiré le concept d’effondrement catabolique de John Michael Greer, une dynamique dans laquelle l’institution est obligée de réduire une partie de sa complexité coûteuse en se stabilisant à un niveau de dépense d’énergie plus faible. Cette théorie me semble désormais bien trop optimiste.

Il n’est tout simplement pas pratique dans une grande partie du monde réel de réduire considérablement la complexité et les structures de coûts, car les coûts fixes sont imposés par la réglementations et donc impossibles à réduire pour des raisons opérationnelles. (par exemple, réduire de moitié une flotte d’avions ne se traduit pas automatiquement par une réduction de 50% de tous les services de maintenance liés à ce secteur).

Les aéroports, les compagnies aériennes, les navires de croisières, les franchises sportives, les centres de villégiature, les centre commerciaux, les services gouvernementaux locaux, les théâtres, les hôpitaux, les universités, etc, ne peuvent pas se reconfigurer à 50% de leur capacité précédente. Leurs coûts fixes et leurs mandats ne permettent tout simplement pas de réduire de 50% tous leurs revenus.

C’est pourquoi la dénormalisation est un procédé d’extinction pour une grande partie de notre économie coûteuse, complexe et fortement réglementée. Subventionner des coûts élevés n’empêche pas les dominos de tomber, car les subventions ne se substituent pas au cycle vertueux du réinvestissement.

Le projet de la Fed d’abaisser le coût du capital à zéro ne génère pas ce cercle vertueux ; tout ce que cela fait, c’est encourager une prédation spéculative socialement inutile comme le fait d’ailleurs Tim Cook, avec la vente des obligations d’Apple qui ne font qu’enrichir encore davantage Tim Cook. On ne peut pas appeler ceci un cycle vertueux, c’est de la dénormalisation de ce qui reste du libre marché, qui exigent que le capital soit évalué par les marchés et non par les banques centrales.

L’effondrement n’est pas impossible, c’est tout simplement inévitable.

 

Il n’y avait pas de nouvelle normalité pour les dinosaures. Quelques espèces ailées ont survécu et ont évolué pour devenir des oiseaux d’aujourd’hui, mais ce n’est en aucun cas une nouvelle normalité qui incluait toutes les autres espèces de dinosaures. Pour eux, la dénormalisation signifiait l’extinction.

Dé-normalisation: tout ce qui était normal a disparu et ne sera pas remplacé que par une nouvelle normalité.

 




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