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“Trump attise la division pour gagner sa vie”

 
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Le président américain a finalement obtenu la guerre qu’il voulait, selon Defense One.

Dans un article, publié ce mardi 2 juin par le site web américain Defense One, Kevin Baron, rédacteur exécutif du site, a écrit que Trump avait finalement obtenu la guerre qu’il voulait.

« Le président Donald Trump a finalement obtenu la guerre qu’il voulait. Ce n’est pas en Afghanistan, en Irak, en Syrie ou en Corée du Nord. C’est ici même à Washington que le président a revendiqué lundi l’autorité morale et constitutionnelle et ordonné aux forces de l’ordre fédérales et à l’armée américaine de se retourner contre les Américains qui s’opposaient à lui », a indiqué l’article.

Et de continuer : « Après avoir averti au cours du week-end que des “canailles” en face de la Maison-Blanche feraient face à des chiens sauvages, Trump a plutôt mobilisé la police, les troupes et les hélicoptères de l’armée américaine contre des manifestants -violents et non violents- qu’il accusait, sans preuve, d’être dirigés par le groupe militant américain de gauche Antifa. Cela fait trois ans que Trump fait l’éloge des militants d’extrême droite, tous blancs, brandissant des AR-15 de Charlottesville à Lansing, tout en amplifiant les théories du complot sur ses ennemis, dont les médias, les démocrates, les extrémistes de gauche, et n’importe qui sans chapeau MAGA (Make America Great Again). Il a cherché à retourner les Américains les uns contre les autres depuis son discours inaugural, tweet après tweet, critiquant délibérément les médias pour saper la confiance des Américains dans les faits ». Defense One ajoute : « Trump a également tenté de faire appel aux services militaires. Au cours de son premier mois au pouvoir, il s’est rendu au Commandement central américain et au Commandement des opérations spéciales des États-Unis et y a dénoncé les médias. Il a dénoncé ses opposants politiques dans un discours à l’intérieur du Pentagone. Il a utilisé des troupes comme toile de fond pour des rassemblements politiques. »

L’article continue : « Pendant trois ans, une demi-douzaine de secrétaires à la Défense et de chefs d’état-major interarmées ont tenté, chacun à sa manière, de maintenir l’armée à l’écart de la politique de Trump. Mais lundi, le chef d’état-major des armées des États-Unis, le général Mark Milley, et le secrétaire à la Défense, Mark Esper, y sont entrés. Premièrement, Esper a été filmé lors d’un entretien téléphonique du président avec les gouverneurs, comparant les protestations à un “champ de bataille”.

Trump a réprimandé les gouverneurs et leur a dit d’utiliser la Garde nationale contre les manifestants et a averti que si les gouverneurs lui résistaient, il enverrait des forces militaires. Il a dit qu’il avait chargé Milley de coordonner la réponse à l’échelle nationale.

Personne n’aurait pu s’attendre à ce qui arriverait des heures plus tard. Alors que Trump sortait pour lire une déclaration, les forces de l’ordre fédérales du parc Lafayette ont commencé à attaquer les manifestants et les journalistes avec des matraques, des gaz lacrymogènes et, plus tard, des balles en caoutchouc. Pourquoi ? Parce que Trump voulait traverser le parc jusqu’à l’église Saint-Jean, où il s’est tourné vers les caméras et a maladroitement brandi une Bible pour une séance de photos mise en scène.

Plus important encore, Milley et Esper l’accompagnaient. Tous deux ont été photographiés marchant derrière le président dans le parc, provoquant l’indignation des critiques, dont l’ancien directeur de la CIA, Mike Hayden et Kori Schake, directeur des études de politique étrangère et de défense au centre de réflexion conservateur American Enterprise Institute qui a qualifié la décision de Milley de se présenter en tenue de combat “honteuse” et “bien au-delà des limites”. »

L’article conclut: eh bien cette approche qui consiste à « attiser la division pour mieux régner » pourrait fonctionner pour de l’élection présidentielle de novembre. « Trump aime le combat. Et quiconque s’oppose à lui est par principe son ennemi. Le seul secteur qui devrait donc être épargné par Trump c’est l’armée américaine. Si Trump finit par impliquer l’armée dans sa campagne de “terre brûlée contre ses ennemis”, alors il menacerait de salir la réputation de l’armée. »

L’article ajoute, pour finir: nourri à l’idée d’avoir à faire face partout à des complots, Trump pourrait prétendre même que les élections sont truquées, et que les démocrates lui ont volé sa victoire. Alors devinez ce qu’il risque de faire? S’emparer du pouvoir à l’aide de l’armée. C’en sera alors fini de la démocratie américaine.




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