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Un député ukrainien veut faire exploser des bombes nucléaires en Russie et en Hongrie

 
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Un député ukrainien du parti de Porochenko, Taras Bilan, a publié sur son mur Facebook un appel à Volodymyr Zelensky, dans lequel il l’encourage à faire exploser des bombes nucléaires à Budapest, Moscou et Saint-Pétersbourg pour « se défendre contre les attaques de la Hongrie et de la Russie ».

Si depuis, Taras Bilan semble avoir supprimé son post Facebook (sûrement à cause du scandale que cela a déclenché), le site Strana a sauvegardé la lettre que le député du conseil municipal de Ternopol avait adressée au Président ukrainien.

Au vu de la gravité d’une telle déclaration, on peut se demander ce qui a justifié un appel à ce qui est ni plus ni moins qu’une incitation au terrorisme. Eh bien, pour Taras Bilan, le projet de création d’une nouvelle division administrative en Transcarpatie, qui créerait une grande région « hongroise », avec pour centre, la ville de Beregovo, justifierait d’en arriver à de telles extrêmités.

« Aujourd’hui, c’est la Hongrie. Demain, la Roumanie exigera les mêmes concessions. Quant à la Russie – cette dernière prépare ouvertement une attaque armée dans le but de s’emparer des régions d’Odessa, de Kherson et de Nikolaïev », a écrit le député.

C’est là que le député explique ce que l’Ukraine devrait faire pour empêcher une telle invasion : créer des bombes sales (bombes nucléaires non-conventionnelles), et les envoyer sur la Russie et la Hongrie.

« Demander à Energoatom et aux instituts de recherche ukrainiens de créer d’urgence 100 à 150 charges nucléaires et bombes dites « sales » afin de dissuader tout agresseur extérieur.
Les têtes nucléaires devraient être montées sur des missiles RK-360MC de type « Neptune » avec l’introduction de coordonnées sur le territoire de ces pays : Hongrie et fédération de Russie. Créer 50 à 100 groupes subversifs et de reconnaissance parmi les volontaires et les bénévoles de la « première vague de mobilisation ».
Leur transférer les « bombes sales » créées avec l’ordre de les installer et de se tenir en alerte près des installations militaires des villes suivantes : Budapest (Hongrie), Saint-Pétersbourg et Moscou (fédération de Russie),
 » écrit Bilan dans sa lettre à Zelensky.

Cet appel semble tellement délirant que Strana a demandé et obtenu confirmation de la part du député qu’il est bien authentique, et que c’est bien le sien. Il a même justifié cet appel à commettre un acte terroriste auprès du média ukrainien, en disant que la création d’une région hongroise en Ukraine provoquerait une guerre et une nouvelle perte de territoire.

« La création d’une région « hongroise » en Transcarpatie va conduire à un conflit armé et à la perte d’une partie du territoire ukrainien. Ce projet est prévu non pas selon le principe territorial mais selon le principe ethnique. Ce qui est une bombe à retardement. Première étape : encourager les autorités ukrainiennes à créer un tel espace. Deuxième étape : injecter d’importantes ressources financières (avec le soutien de la Russie) pour financer les groupes d’extrême droite de la région « hongroise » de Transcarpatie, afin de créer une base pour un conflit ethnique. Troisième étape : l’introduction des troupes d’État hongroises en Transcarpatie pour protéger la population ethnique. Quatrième étape : perte de la Transcarpatie pour l’État ukrainien. Pour éviter cela, nous devons prendre conscience du fait que la « Vieille Europe » s’est mise à genoux devant la Russie et qu’il ne faut rien attendre d’elle, si ce n’est des déclarations « impuissantes » de préoccupation », a expliqué le député ukrainien.

Cette diatribe enflammée du député ukrainien servant de justification à son appel à faire exploser des bombes nucléaires en Russie et en Hongrie, autant que cet appel en lui-même, sont délirants à plus d’un titre.

Premièrement, les fractures ethniques existent en Ukraine depuis que le pays existe, c’est-à-dire à peine un siècle, et sont dues à la façon même dont il a été bâti par les Soviétiques, en assemblant pêle-mêle des morceaux qui venaient d’autres pays comme la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Russie.

Deuxièmement, ses histoires de financement des groupes d’extrême-droite hongrois en Ukraine, avec l’aide de la Russie ne reposent sur rien de concret. La Russie a autre chose à faire que de s’occuper des Hongrois d’Ukraine. Et la Hongrie le fait très bien toute seule, en distribuant des passeports, et en finançant par elle-même les écoles et d’autres institutions en Transcarpatie.

Troisièmement, la Hongrie est membre de l’OTAN. Organisation à laquelle l’Ukraine aspire adhérer un jour, et surtout organisation qui a inscrit dans sa charte le fait que toute attaque contre l’un de ses membres provoquerait une réponse de la part de tous les autres. Or plusieurs des membres de l’OTAN possèdent l’arme nucléaire.

Quatrièmement, la Russie est dotée de services de renseignement efficaces, qui déjouent régulièrement des tentatives d’attentats de radicaux ukrainiens en Crimée, et il existe des systèmes de détection des rayonnements gamma, qui permettent de localiser une bombe nucléaire.

Cinquièmement, ce type de bombe n’a pas l’intensité de destruction d’une vraie bombe nucléaire. Elle contamine plus qu’elle ne détruit. Ai-je besoin d’expliquer ce que la Russie fera une fois identifiée l’origine d’une telle attaque terroriste sur son territoire ? La nouvelle doctrine nucléaire russe, publiée cette année dit clairement que la Russie « se réserve le droit d’utiliser son arsenal nucléaire en réponse à l’utilisation d’armes nucléaires ou d’autres armes de destruction massive contre elle et [ou] ses alliés, ainsi que dans le cas d’une agression contre la fédération de Russie avec des armes conventionnelles, dès lors que l’existence même de l’État serait menacée ».

En clair, si l’Ukraine se lançait dans un tel projet d’attentats terroristes à coup de bombes « sales » contre la Hongrie et la Russie, le pays serait purement et simplement annihilé à coup de bombes nucléaires tant par l’OTAN que par Moscou !

Voilà qui explique peut-être pourquoi le post a disparu du mur Facebook de Taras Bilan…

Mais le fait qu’un député ukrainien puisse ainsi publiquement lancer au Président (sic) un appel à commettre un acte terroriste à coup de bombes nucléaires « sales » contre un autre pays sans être arrêté immédiatement pour incitation au terrorisme, révèle que l’Ukraine est elle-même devenue un pays terroriste.

Un fait qui est évident depuis longtemps pour la population du Donbass, contre qui l’Ukraine n’hésite pas à utiliser des méthodes et des groupes terroristes, alors même que Kiev passe son temps à traiter les habitants de la RPD et de la RPL (Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk) eux-mêmes de « terroristes » dans une inversion accusatoire délirante.

Mais maintenant ce fait est clairement visible pour le reste du monde. Et au vu de ce genre de déclaration de politiciens ukrainiens, on se dit qu’il est heureux que l’Ukraine ait été privée de l’arme nucléaire par le mémorandum de Budapest de 1994. Sans cela, on se serait retrouvé avec un pays terroriste doté de l’armée nucléaire ! Et qui sait ce que Kiev en aurait fait, tant contre la population du Donbass, que contre les pays voisins…

Christelle Néant




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